Difficile de s’y opposer. Cependant, à bien y réfléchir, on s’aperçoit rapidement que les Touaregs, les peuples sahariens et africains en général, ne seront pas sérieusement bénéficiaires de ce mégaprojet. J’en veux pour exemple les milliards d’euros encaissés par l’Algérie de l’exportation de l’énergie fossile, qui par ailleurs touche à sa fin, sans pour autant ralentir et encore moins réduire la pauvreté endémique. Sur le plan politique, l’oligarchie militaire scotchée au pouvoir depuis
l’époque d’Adenauer et de Khrouchtchev, a réussi à faire de l’Algérie, une contrée à fuir même au prix de la vie. Sur le plan culturel, c’est un vrai désert ; La religion musulmane est imposée comme l’unique régulateur de toutes initiatives. C’est ce choix, basé sur la négation de la dimension amazigh des algériens, qui a enfanté le terrorisme islamiste avec son lot de deuil. Malgré cette expérience tragique, le pouvoir continue son œuvre macabre, il fait même corps avec les islamiste radicaux quand ceux-ci poussent les Chrétiens d’Algérie à s’exiler hors de la terre d’Islam. Ce même pouvoir triche royalement à chaque élection, humilie les démocrates, menace les opposants, censure la presse, tire sur les Kabyles - 128 assassinés en 2001, refuse leur autonomie, récuse l’émancipation aux femmes, soutien la répudiation et la polygamie, maintient une école sinistrée, interdit les syndicats autonomes et j’en passe. C’est cette junte, déjà alléché par l’annonce de ce projet piloté par l’Allemagne, qui délivrera le quitus d’installation de Desertec sur son territoire. L’Algérie est généreusement dotée par la nature néanmoins elle demeure très pauvre en facteurs de stabilité politique. Attention, le soleil qui réchauffe peut aussi brûler.
Lyazid Abid
Pour l’association Amitié Allemagne-Kabylie
www.kabylei.eu


