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Seg temḥeqranit γer tmanit.

De l’oppression à l’autonomie

Date : vendredi 16 octobre 2009 | Auteur : Lyazid | Rubrique : Publications

maj : 2009-10-16 16:58:56 | Permalien : http://kabylei.eu/spip.php?article198
Visites : 206 | Popularité : 1/7=14% | commentaire : 1    Enregistrer au format PDF  Version imprimable de cet article    partager partager ©

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Après avoir payé le prix fort pendant la guerre de libération, la Kabylie a vu dés les première années de l’indépendance cette Algérie à laquelle elle venait de donner naissance, se retourner contre elle.

Nos parents qui croyaient enfin pouvoir vivre dans le bonheur et la fraternité avec tous les citoyens d’une Algérie algérienne ne se doutaient pas un instant qu’ils allaient subir l’oppression qu’ils venaient de combattre.

Aujourd’hui, on se rend compte aisément que la confiscation du pouvoir par la force en 1962 par le groupe d’Oujda n’à été que le début d’une conspiration et d’un plan machiavélique ayant pour objectif l’anéantissement, la destruction et l’éradication de la culture, de la langue et de l’identité kabyle. L’anti kabylisme sournois remonte à la crise berbériste de 1949, mais il a été exposé au grand jour par le premier président Ben Bella, en martelant par trois fois « nous sommes arabes » pour exclure notre amazighité et pour nous signifier que notre condition de soumis n’est pas encore terminée et que ce sont seulement les maitres et les colons qui ont changé.

Première agression
C’est ainsi qu’en 1963 la Kabylie pour avoir demandé pacifiquement le partage du pouvoir par les voies de la démocratie que la réponse du pouvoir s’est faite par une sanglante agression militaire d’une rare cruauté où nos mères ont été violées et des centaines de kabyles assassinés. Puis s’en est suivie une période de chape de plomb d’une quinzaine d’années, caractérisée par le quadrillage et le contrôle de notre région par la sécurité militaire et la police politique du parti unique. Cette chape de plomb que le deuxième président Boumediene, croyait avoir soudé à l’arc arabo islamiste, définitivement, au dessus d’une Kabylie en ébullition interne, ne pouvait tenir indéfiniment devant la pression et la soif des kabyles de leur identité ancestrale.

Deuxième agression
C’est avec une provocation de trop, faite par le troisième président Chadli, que cette chape a sauté en 1980. Tenez vous bien, pour une simple conférence sur la poésie kabyle que devait tenir notre illustre Mouloud Mammeri que la Kabylie à été mise encore une deuxième fois à feux et à sang. Les séquestrations, les emprisonnements, la torture et même les violes de nos sœurs dans les cités universitaires ont été affligées au peuple kabyle pour avoir simplement souhaité écouter sa poésie.

La naissance du printemps kabyle à été suivi par une gigantesque entreprise de formation et d’encouragement du pouvoir pour l’intégrisme religieux afin d’anéantir le Kabylisme, selon les aveux même de l’ancien ministre de la défense, le général K. Nezzard. Cet investissement dans l’islamisme a vite donné ses fruits par une impitoyable guerre que ce dernier a menée dans les années 90 contre les intellectuels, les hommes de culture, les scientifiques, et les journalistes kabyles en particulier et contre le peuple algérien en général. L’assassinat en 1998 de Matoub lwenas restera à jamais une blessure indélébile dans la mémoire collective du peuple kabyle.

Troisième agression
En 2001, pour avoir exprimé avec des marches pacifiques la condamnation de l’assassinat odieux et raciste du jeune Massinissa Guermah d’une rafale de kalachnikov dans une brigade de gendarmerie, le pouvoir a transformé la Kabylie pour la troisième fois en un enfer terrestre. Le printemps noir qui s’est soldé par l’assassinat de 128 jeunes et de plusieurs centaines de blessés et d’handicapés, dans l’indifférence totale des autres régions d’Algérie, a donné naissance au sentiment d’autonomie dans l’esprit de la majorité de kabyles. Cette guerre contre la démocratie et l’amazighité a entrainé des dommages collatéraux sur le reste de l’Algérie mais qui ont été vite pardonnés par des gestes d’amnistie que manifeste encore Bouteflika aux terroristes pour le travail accompli et services rendus.

L’enrichissement de ce pouvoir par les nappes pétrolifères lui permet d’acheter quelques uns des nôtres pour en faire des bachaghas et des caïds comme à l’époque du colonialisme français afin de maintenir la région dans la pauvreté et la terreur.

La Kabylie rejette la violence (du moins pour notre génération) « De loin, je vous vois comme des montagnes mais de prés vous êtes des nains dépourvus de courage » à martelé Bouteflika lors de sa venue en Kabylie. Pour une fois, il a raison : Oui, nous n’avons pas le courage d’égorger et de massacrer des êtres humains ou de détruire des écoles et des usines. Cet humanisme et ce respect pour la vie sont des des principes que nous avons acquis depuis la nuit des temps de notre civilisation amazigh. Cet héritage venant de nos grands Aguelides, qui appliquaient déjà la démocratie en leur temps, nous donne la force d’aller toujours dans le sens de la libération de notre peuple. Quelque soit les embuches nous y parviendrons, à défaut nous transmettrons le flambeau aux générations avenir.

Le pouvoir doit prendre ses responsabilités Le peuple kabyle doit-il faire autant de mal à l’Algérie comme les islamistes pour qu’il soit un jour entendu ? Ou bien doit-il recourir à d’autres moyens pour que sa langue retrouve sa légitimité et qu’elle ne soit plus considérée comme étrangère en Kabylie ?

Notre génération porte le poids de la responsabilité du sauvetage de l’héritage de Massinissa afin qu’il puisse rayonner à nouveau et contribuer au progrès humain.

Tous les Kabyles, toutes tendances politiques confondues, ont le devoir de soutenir le projet de l’autonomie. Il constitue pour la Kabylie et l’Algérie la voie de la fraternité et du progrès. Il est aussi l’issue au tandem « oppression-résistance ».

Kader Dahdah







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1 Message

  • De l’oppression à l’autonomie 26 octobre 2009 19:33

    je trouve cette article très enrichissant pour ma part, d’autant plus qu’il me concerne, ou encore qu’il nous concerne a tous, nous les kabyles ! Pour nos ailleux, nous et nos descendants nous nous devons de réagir afin de fair de la kabylie une démocratie qui respecte la libertée, les droits de l’homme et, qui apporte sa modeste contribution pour le progrès humain.

    sophia.t

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