
C’est une fierté kabyle que de voir son nom donné à des rues de France (Aubervilliers, St-Martin d’Hyères, Nancy…). Matoub dont la kabylité suinte de toutes les notes et de tous les mots de ses œuvres chantées, fait l’objet de manœuvres de manipulation, de détournement pour opacifier ou occulter sa spécificité kabyle afin d’en faire un « Algérien », au mieux « d’expression berbère ». L’évolution politique de la Kabylie avec l’émergence de la revendication autonomiste qui est en deçà de « Ddwa-s ancerreg tamurt » qu’il a crié dans « Aghurru », son hymne-testament, pousse les adversaires du MAK à éloigner Matoub des thèses que ce mouvement défend. Même si le MAK s’interdit moralement toute récupération politicienne il ne saurait pour autant se taire devant ceux qui n’hésitent pas à lui donner une coloration politique qui n’est pas celle de son œuvre. Ainsi, nous nous avons été choqués de voir Lounes exposé sur des affiches le montrant en train de s’abriter derrière un drapeau algérien, comme s’il fuyait le drapeau kabyle et amazigh derrière lequel il aurait été en danger. Pire ! On a été jusqu’à manipuler son nom, à le retourner contre la Kabylie. En effet, le Maire de Paris, Bertrand Delanoé, et ceux qui le soutiennent, ont commis l’ignominie d’écrire sur la plaque de rue qui porte son nom : « Matoub Lounes, Chanteur algérien, d’expression berbère, assassiné en Kabylie ! » Comme si l’Algérie l’aurait enfanté, l’amazighité l’aurait honoré et la Kabylie l’aurait assassiné. Tout en veillant à ce que personne ne porte atteinte à sa mémoire et celles de toutes les personnalités qui ont fait la Kabylie, nous avons pour devoir d’œuvrer à ce que la vérité sur son assassinat se fasse.
Kabylie le 24/06/2009


